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COMPTE-RENDU D'ÉVÉNEMENT | La société civile sous la menace de la Russie – Pour une résilience accrue en Ukraine, Biélorussie et Moldavie

 

L'Ukraine, la Biélorussie et la Moldavie mènent une rude bataille pour leur propre avenir. Ces pays font face à diverses menaces émanant de la Russie qui n'hésite pas à déployer ses armes pour entamer leur souveraineté.

Le 12 décembre, le FEDEM invitait Chatham House à présenter son rapport intitulé « La société civile sous la menace de la Russie ». Deux des auteurs du rapport, Orysia Lutsevych et Mathieu Boulegue, sont venus partager leurs conclusions avec un public bruxellois attentif et des experts.

Méthodologie

Le rapport présente l'influence négative de la Russie, étudiant son impact sur le travail des organisations de la société civile. Il cherche à identifier les trois principales vulnérabilités de chacun de ces trois pays et étudie les éventuelles mesures à prendre.

Ukraine

Le rapport fait état d'une démocratie non consolidée caractérisée par une faible mobilisation citoyenne, une population désabusée suite aux événements d'Euromaidan et un secteur médias moribond. 52 % des Ukrainiens pensent qu'il est difficile de déterminer qui a déclenché la guerre dans l'Est du pays.

Le gouvernement ukrainien a déjà introduit un certain nombre de mesures destinées à limiter l'influence de la Russie dans le pays : il a interdit les réseaux sociaux russes, refusé les accréditations aux journalistes russes et renforcé la présence militaire, tandis que l'état et le secteur de la cybersécurité collaborent étroitement. Afin de lutter contre la désinformation russe, les acteurs de la société civile ont mis en place des initiatives d'éducation aux médias et de vérification des faits.

Moldavie

Le rapport révèle une situation bien plus grave et préoccupante en Moldavie. Les fonctions de l'état ont été captées par quelques oligarques en liens étroits avec la Russie, et le pays manque cruellement de médias indépendants capables de contrer la propagande russe. Avec ses discours systématiquement anti-occidentaux, l'église orthodoxe représente une autre influence négative dans le pays. La polarisation artificielle entre l'UE et la Russie est instrumentalisée par le gouvernement actuel pour asseoir son contrôle politique.

Toujours selon le rapport, le gouvernement ne fait montre d'aucune volonté de contrecarrer l'influence russe : la loi anti-propagande de 2013 n'est rien de plus qu'une mesure de façade et l'église est intouchable.

Biélorussie

La situation en Biélorussie diffère quelque-peu de celle des deux autres pays, en ce sens qu'elle fait partie de la Communauté économique eurasienne et qu'il s'agit d'un état autoritaire. Le rapport souligne qu'en connexion avec la crise ukrainienne, le régime biélorusse s'efforce désormais de renforcer l'identité nationale, mais les médias et les réseaux sociaux restent fermement aux mains de la Russie. À l'image de la Moldavie, l'église orthodoxe est pro-russe et en matière de société civile, il est difficile de faire la distinction entre les véritables ONG et les GONGO (ONG organisées par les gouvernements).

Rien n'est fait par le président biélorusse Alexander Lukashenko pour contrer l'influence russe.

Les recommandations suivantes ont été émises par madame Lutsevych et Monsieur Boulegue :

  •         Privilégier la résilience – elle doit faire partie intégrante du travail de tout donateur ; les donateurs doivent renforcer la résilience dans les sociétés pour leur permettre de mieux gérer les crises, d'utiliser les ressources plus efficacement et d'être plus stables ;
  •         Encourager l'éducation à la culture citoyenne et aux médias ;
  •         Développer les compétences pour les médias indépendants ;
  •         Améliorer le dialogue civique public ; les engagements pris par les différents interlocuteurs sont rarement concrétisés ;
  •         Renforcer la mobilité interne ; favoriser l'échange entre les habitants de différentes régions ;
  •         Renforcer la coopération entre les instances étatiques et non étatiques, ainsi que la coopération nationale-internationale.

Le rôle de l'Union européenne

Katarina Mathernova est revenue sur la stratégie de l'UE pour lutter contre les menaces russes. Elle a annoncé que l'UE avait revu ses mécanismes de financement pour les pays du Partenariat oriental après consultation auprès des parties prenantes. Mme Mathernova a également fait mention du nouveau Plan d'action contre la désinformation de l'UE qui prévoit de renforcer effectivement les capacités de l'UE et d'intensifier la coopération entre les États membres et l'Union. Entre autres choses, la capacité des médias doit être accrue et l'équipe Stratcom renforcée.

Le directeur exécutif du FEDEM, Jerzy Pomianowski, à, quant à lui, souligné l'importance de la confiance. L'UE doit trouver le moyen d'instaurer plus de confiance. À propos de la réglementation d'Internet, il a insisté sur la nécessité d'atteindre un bon équilibre entre la liberté d'expression et la réglementation des médias en ligne.

Lire l’intégralité du rapport ici