11 January 2017 10:00 to 12:00
Lieu le Fonds européen pour la démocratie (FEDEM) Avenue des Gaulois 29
1040 Bruxelles, Belgique

Relations entre l’UE et l’Arménie: obstacles non surmontés ou opportunités inexploitées?

11 January 2017 10:00 to 12:00
le Fonds européen pour la démocratie (FEDEM) Avenue des Gaulois 29
1040 Bruxelles, Belgique

La fondation Eurasia Partnership Foundation (EPF) et le Fonds européen pour la démocratie (FEDEM) organisaient le 11 janvier 2017 une discussion d’experts sur les relations entre l’Union européenne et l’Arménie - une initiative opportune à l’approche des élections et de la conclusion d’un accord entre l’UE et l’Arménie.

En vue des prochaines élections parlementaires en avril et du nouvel accord-cadre, qui fait l’objet de négociations depuis décembre 2015 et qui devrait être prochainement signé, intervenants et participants ont évoqué les principaux obstacles entravant les réformes et les avancées, et ont émis des recommandations pour l’avenir du pays.

Artak Ayunts, spécialiste de la transformation et de l’analyse des conflits chez EPF, a évoqué le conflit non résolu du Haut-Karabagh. Il a avancé plusieurs recommandations afin de surmonter la situation actuelle « sans guerre, ni paix », notamment:

  • des mesures transfrontalières destinées à rétablir la confiance;
  • un contrôle adéquat de l’accord de cessez-le-feu s’accompagnant d’un ensemble de mécanismes à actionner en cas de violation;
  • une plus grande sensibilisation pour contrer les discours haineux;
  • des liens plus étroits entre les groupes de sociétés civiles.

 

M. Ayunts a également abordé la question des relations arméno-turques, soulignant les nombreux exemples d’interactions et de flux économiques malgré tous les obstacles, suggérant d’éventuelles opportunités si la frontière était rouverte.

Mikayel Hovyannisyan, spécialiste à l’EPF des relations arméno-européennes et ancien coordinateur de l’EaP Civil Society Forum de l’Armenian National Platform, a partagé son point de vue sur l’importance d’une diplomatie internationale à multiples volets et décrit les entraves à la réforme. Outre la corruption endémique, M. Hovyannisyan a particulièrement souligné la profonde méfiance de la société civile à l’égard des autorités et l’avancement de la réforme. M. Hovyannisyan a également évoqué le manque de connaissances de la population sur les questions de l’Union européenne et les différents aspects du soutien de l’UE à l’Arménie.

Sur le plan des droits de l’homme, Isabella Sargsyan, responsable du programme transfrontalier de l’EPF, n’a pas manqué de critiquer le système politique arménien, le comparant aux autres régimes autoritaires post-soviétiques. Si l’accès à Internet est libre et la société civile arménienne dynamique, le gouvernement a recours aux mêmes techniques de répression, d’ajournement des réformes et de fraude électorale.

Comme elle l'a déclaré avant de conclure:

« Les bonnes choses que nous avons, ce n’est pas grâce mais en dépit du gouvernement. Les changements voient le jour grâce aux actions des citoyens et de la société civile, avec le soutien des États-Unis et des États membres de l’UE. »

Enfin, Naira Sultanyan, consultante pour le FEDEM en Arménie, a parlé des relations entre les ONG et les partis politiques. Comme elle l’a expliqué, la législation arménienne autorise les ONG à s’engager dans des activités politiques. Cependant, si les ONG jouent un rôle vital et réalisent un travail crucial, elles n’endossent pas assez de responsabilité politique. Cela veut dire que les ONG, bénéficiant de financements versés par des donateurs, devraient intervenir plus auprès des partis politiques et partager de manière plus proactive leurs connaissances et leurs compétences avec eux.