15 December 2016-16 December 2016
Lieu National School of Public Administration Warsaw, Pologne

Plein feu sur les initiatives du FEDEM lors du Dialogue de Varsovie pour la démocratie

15 December 2016 - 16 December 2016
National School of Public Administration Warsaw, Pologne

Le Fonds européen pour la démocratie (FEDEM) a eu le plaisir de participer, en tant que partenaire, à la cinquième édition du Dialogue de Varsovie pour la démocratie. Ce rendez-vous, organisé chaque année par le ministère des Affaires étrangères polonais, rassemble des militants venus du monde entier.

L’édition 2016 qui s’est tenue dans la capitale polonaise les 15 et 16 décembre, avait pour thème « Démocratie, valeurs fondamentales et partage des expériences de transition ». Le FEDEM avait invité 20 de ses bénéficiaires de 15 pays des zones Est et Sud voisines de l’Union européenne, afin de faciliter l’échange d’expériences et de mettre en avant le travail des militants issus de régions qui ne bénéficient que de peu de soutien.

Le ton positif de la conférence fut donné dès l’allocution d’ouverture prononcée par le ministre polonais des Affaires étrangères, M. Waszczykowski, déclarant que la « société civile [était] indispensable à la démocratie » et que « chaque voix, chaque remarque et chaque préoccupation émise lors du Dialogue de Varsovie sera entendue et prise en compte. »

Yves Leterme, d’International IDEA, a rappelé combien il était crucial pour la démocratie de soutenir les acteurs individuels de la société civile. Dans la même veine, le message fort lancé par Abdessattar Ben Moussa, « Le dialogue pour la démocratie et la paix est essentiel pour l’action de la société civile », a été amplifié par une autre lauréate du Prix Nobel, Tawakkol Karman, et son appel pour la paix dans le monde : « La démocratie finira par vaincre » a-t-elle conclu.


Séance FEDEM Activisme civique et lutte pour la démocratie dans le voisinage européen

Le militantisme social est confronté à de nouvelles difficultés : le champ d'action érodé de la société civile, la consolidation de certains régimes autoritaires, la coopération accrue entre les régimes autoritaires pour neutraliser les acteurs pro-démocratiques, l’intensification du populisme et de l’extrémisme qui sapent les valeurs démocratiques fondamentales, les conflits violents, les nouvelles technologies qui facilitent l’oppression…

Ce nouveau contexte exige de nouvelles stratégies favorisant l’avènement de la démocratie, d’où l'intitulé de notre séance « Activisme civique et lutte pour la démocratie dans le voisinage européen » programmée le deuxième jour de la conférence.

L’objectif consistait à fournir une plateforme d’échange d’expériences des militants locaux qui se battent pour la démocratie dans des circonstances très difficiles, souvent en prenant de gros risques. Malgré les difficultés qu'ils rencontrent, les militants trouvent des moyens toujours plus ingénieux pour mener leur combat pour la liberté, la démocratie et les droits de l’homme – des expériences qu’ils ont pu partager avec un plus large public dans le cadre du Dialogue de Varsovie pour la démocratie.

Isam Uraiqat, co-fondateur de Al Hudood (Jordanie) a présenté sa plateforme arabe d’actualités satiriques, lancée en juillet 2013. Al Hudood cherche à fournir un moyen alternatif d’absorber et d’analyser les événements actuels et les médias traditionnels, parvenant à créer un espace de discussion ouvert et tolérant pour les sujets délicats et politiques.

« La priorité absolue de notre satire est de maintenir l’équilibre », précise Isam.

Karine Harutyunyan, Directrice exécutive d’un organe d’information indépendant arménien, « Gala TV », a ouvert son intervention en diffusant une vidéo émouvante retraçant la situation dans certaines régions, déclarant que la « démocratie, c’est la société civile ».Sa mission en tant que fournisseur d'informations indépendant est de permettre à la société civile d’agir grâce à l’obtention d’informations impartiales, indifféremment de la nature des événements qui se produisent dans le pays.

Karam Hilly, fondateur de Sahem Initiative (« Contribuer » en arabe) a, quant à lui, insisté sur le fait que la communauté internationale devait faire plus d’efforts pour faire entendre la voix des communautés locales. « Nous devons nous faire entendre », lança Karam. La démocratie selon lui repose sur deux composants, le premier étant une communauté active qui s’exprime, le second étant le soutien international qui agit comme amplificateur si la voix des communautés locales ne se fait pas entendre ou est trop faible pour « briser les murs ».

Après les principales présentations, de nombreux bénéficiaires du FEDEM issus de différents pays, comme l’Egypte et la Russie, ont pris la parole afin de partager leurs expériences. La pléthore d’interventions a prouvé une chose : d’où qu’ils viennent, les militants de la société civile ne sont pas seuls - les obstacles à la démocratie se retrouvent partout dans le monde, tandis que la lutte pour la démocratie revêt le même aspect dans différentes parties du monde.


Récapitulatif de la conférence

Lors de la séance de clôture, le Directeur exécutif du FEDEM, Jerzy Pomianowski, conclut que:

« Si l’état de la démocratie dans le monde a de quoi inquiéter, les événements comme celui-ci permettent de garder la foi et l’espoir et de rester optimiste pour l’avenir. »

Ayant, à cette occasion, rencontré des douzaines de militants pro-démocratie déterminés à prendre des risques pour lutter pour la liberté, que ce soit au Pakistan ou en Azerbaïdjan, en Libye ou en Syrie, en Arménie ou en Indonésie, M. Pomianowski conclut que : « Ces militants sont la preuve même que l’argument selon lequel la démocratie serait un modèle occidental qui ne conviendrait pas à d’autres cultures et régions du monde, est totalement faux. Ils sont la preuve que la démocratie et les valeurs fondamentales qui y sont associées sont universelles et peuvent être portées par toutes les cultures. Grâce à eux et à leurs semblables, la démocratie est en marche et finira par l’emporter. »

Compte-rendu d'événement