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Union of Responsible Citizens

11 May 2022

S’appuyer sur les réseaux de la société civile pour venir en aide aux civils en temps de guerre

Une association de Kryvyï Rih collabore avec un réseau de partenaires régionaux pour répondre aux besoins des habitants de la ville et de la région.

Цей матеріал також доступний українською

Organisation locale, l’ONG Union of Responsible Citizens (L'union des citoyens responsables) se mobilise depuis longtemps déjà pour améliorer la vie des habitants de Kryvyï Rih, une ville minière industrielle du centre de l’Ukraine, connue également pour être la plus longue ville d’Europe puisqu’elle s’étend sur 126 kilomètres de long.

Fondée par Yuliy Morozov, l’Union soutient les militants et activistes politiques de la ville et des communautés rurales avoisinantes, appuyant des projets d’infrastructure, des événements et des initiatives médias, des projets sportifs et commerciaux et apportant son aide aux personnes handicapées, luttant pour faciliter aux personnes en fauteuil roulant l’accès aux espaces publics. L’objectif plus vaste de Yuliy a toujours été de bâtir des réseaux au sein de la société civile.

Depuis que la guerre a éclaté, l’Union a su mettre à profit ces réseaux et son équipe collabore aujourd'hui avec des partenaires très variés afin de répondre aux besoins urgents des habitants de la ville et des régions voisines.

Lors d'un entretien avec le FEDEM, Anna Iemelianova, directrice de l’Union, relate que suite à l’invasion russe, son équipe a fait l’acquisition de bus spécialement adaptés pour évacuer plus de 500 personnes handicapées de la région, elle les a acheminés vers des gares ferroviaires et s’est assurée que des wagons adaptés avaient été fournis par le gouvernement.

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« Dès que la guerre a éclaté, c’est devenu la première de nos priorités. Nous avons contacté des partenaires à l’étranger, en Pologne, Roumanie, Slovaquie, Allemagne, France et même en Espagne, disposés à recevoir des civils. À compter du 14 mars, nous avons commencé à procéder aux transferts par groupes de 80 personnes à la fois. Nous avons aussi aidé les bénévoles de Zaporijjia et d’autres villes voisines en les mettant en contact avec nos partenaires », explique Anna.

L’Union s’est également souciée du sort et des besoins de centaines de personnes déplacées dans le pays qui se sont installées à Kryvyï Rih ou qui étaient en transit. Pour cela, l’organisation a loué avec l’un de ses partenaires un entrepôt où les personnes déplacées pouvaient venir se procurer des produits de première nécessité, notamment de la nourriture, des médicaments, des vêtements, des couches et des draps.

Récemment, l’équipe a aidé un partenaire à ouvrir un deuxième entrepôt dans la ville en vue d’accueillir temporairement une centaine de personnes déplacées, un service qui n’était jusque-là pas proposé et qui manquait cruellement.

« Il n’y a pratiquement plus de places à Kryvyï Rih. Les appartements sont loués et les gens ont du mal à se loger pour une nuit, quand ils sont en transit dans la ville. Le premier jour, 86 personnes se sont présentées au centre, mais l’équipe n’étaient malheureusement pas prête », raconte Anna.

Elle reconnaît qu’il est difficile de répondre aux besoins essentiels des gens.

« S’ils ont leurs papiers avec eux, c’est déjà bien. Personne ne pense à emporter des draps dans sa fuite et nous manquons de draps, de serviettes, de sous-vêtements pour femmes et de produits d’hygiène, comme le dentifrice et les brosses à dents. Il nous est impossible de satisfaire toutes les demandes. Nous ne savons jamais à l’avance quels seront les besoins et nos chaînes d’approvisionnements sont imprévisibles. Malgré tous nos efforts pour assurer une aide humanitaire cohérente, nous ne savons jamais ce que nous allons recevoir d'une semaine à l’autre, regrette-t-elle.

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Une aide d’urgence allouée par le FEDEM a permis à l’Union d’augmenter ses effectifs et l’équipe compte désormais 9 personnes à temps plein, ainsi que de nombreux bénévoles.

« Nous avons besoin de beaucoup de personnes. Quand arrive un camion de 5 tonnes, il peut falloir deux heures pour le décharger. C’est un travail énorme », poursuit Anna.

Comme l’explique Anna, l’Union travaille également avec d’autres organisations afin d’assurer un soutien logistique à l’armée, en lui fournissant des produits disponibles en quantité limitée comme des pastilles de purification de l’eau ou des talkies-walkies. L’équipe a également aidé l’armée à trouver des véhicules 4x4 et l’assiste maintenant dans les démarches administratives pour l’immatriculation des véhicules.

L’Union aide également les hôpitaux à trouver du matériel et des équipements indispensables pour opérer d’urgence les blessés.

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Aujourd'hui, alors que la guerre sévit à seulement 50 kilomètres de là et que les sirènes retentissent, la ville a été la cible de plusieurs lancers de missiles, mais d’après Anna, les habitants sont déterminés à continuer à travailler. « Les gens essaient de se montrer utiles. La menace est grande, évidemment. Nous devons fortifier notre ville. »

Le nombre de civils cherchant à quitter la ville a diminué car ils ont peur de ne pas pouvoir revenir, une fois la guerre terminée. Les personnes handicapées continuent de percevoir leurs allocations et les travailleurs sociaux leur rendent encore visite, mais lors des alertes de raids aériens, elles ne peuvent pas se rendre dans les abris à la sécurité toute relative.

La principale difficulté aujourd’hui est d’ordre financier et logistique. Anna reconnaît qu’elle aime que tout soit planifié, or en période de guerre, il est impossible de prévoir quoi que ce soit plus de deux jours à l’avance. Pour le moment, l’Union continue de recevoir des dons provenant d’Ukraine et d’amis et collègues d’Anna et des membres de l’équipe disséminés dans le monde. L’organisation fait également actuellement d’autres demandes d’aide.

Tout le monde est bien décidé à continuer, quelle que soit la situation. Et Anna de conclure, « nous resterons mobilisés. Nous ne laisserons pas tomber l’Ukraine ».

 

Cet article reflète les opinions des personnes bénéficiaires de subventions et non pas forcément la position officielle du Fonds européen pour la démocratie (FEDEM), de la Commission européenne, des États européens ou de bailleurs de fonds.