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Femmes leaders : Solution pour la paix et à la sécurité

14 March 2016

Le 14 Mars, suite à la Journée internationale des femmes, l’EED et le Women’s Democracy Network (WDN) de International Republican Institute (IRI) ont organisé une rencontre intitulée « Femmes leaders : solution pour la paix et la sécurité ».

Jerzy Pomianowski lors du discours inaugural

Animée par la journaliste Sigrid Melchior, la discussion a porté sur le rôle des femmes dans la reconstruction des sociétés. Quatre femmes, venant de pays différents, mais faisant face à des défis similaires, ont fait part de leurs histoires et de ce qui les a amené à faire de la politique.


« La Journée des femmes était auparavant perçue comme une fête communiste, mais maintenant il s’agit d’une véritable occasion de promouvoir l'égalité des sexes » a expliqué Jerzy Pomianowski, le Directeur exécutif de l’EED. Jan Erik Surotchak, le Directeur régional pour l'Europe chez IRI a souligné le rôle important que joue l’IRI pour l'autonomisation des femmes.

Récit 1 : Maia Sandu, Moldavie

« Quand je suis entré au gouvernement moldave, en tant que ministre de l'Éducation, je ressentais beaucoup de pression à cause de mon âge relativement jeune à l’époque, mais aussi du fait que je sois une femme » a expliqué Maia Sandu, qui est désormais leader du nouveau parti politique Action et Solidarité. Mme Sandu est également présidente du Forum pour la Transparence, la Participation, l'Unité et le Changement.

En tant que ministre moldave de l'Éducation, elle avait amorcé la réforme du système éducatif à une époque où de nombreux intérêts particuliers s’activaient contre une meilleure gouvernance et un contrôle budgétaire plus strict, notamment dans le domaine de l'éducation. « À mes débuts, il n'y avait presque pas de documents officiels appropriés pour justifier les dépenses dans l'Education. Cela représentait pourtant 7% du PIB ». Maia Sandu s’est également attaquée à la tricherie lors de l'examen national de fin d'études en Moldavie. Ces réformes l’ont rendu impopulaire dans un premier temps, mais n’ont pas tardé à donner des résultats significatifs. Durant l’année 2015, lors de la période d’instabilité politique en Moldavie qui a vu trois gouvernements se succéder au pouvoir, elle était la candidate la plus populaire au poste de Premier ministre. Son programme axé sur la lutte contre la corruption semblait remporter l’adhésion des citoyens, mais les partis oligarchiques ont bloqué sa nomination. Les défis à relever et le soutien public ont encouragé Maia à lancer son parti avec pour mission de réformer le pays.

2016 WDN 2 Maia Sandu

Maia Sandu racontant son histoire

Récit 2: Lobna Jeribi, Tunisie

La tunisienne Lobna Jeribi est la fondatrice de l'Initiative Solidar Tunisie. Suite à la « Révolution du jasmin », elle a été élue au Parlement tunisien et est devenue vice-présidente de la Commission chargée de la révision de la Constitution. Au cours de son mandat, de nouveaux articles concernant les droits des femmes ont été introduits dans la Constitution, ce qui la rend aujourd’hui très fière. Actuellement, elle essaie de donner une voix plus forte à la société civile avec Solidar Tunisie. « J’ai créé cette ONG parce que nous devons utiliser une approche plus participative et inclusive. La société civile doit être la force motrice dans le processus de réforme » a-t-elle expliqué. « L’un des problèmes structurels majeurs auquel nous devons faire face en Tunisie concerne l’absence d’emploi pour les femmes. Nous devrions utiliser la discrimination positive pour garantir que les femmes puissent accéder à l'égalité dans l'emploi et l'entreprenariat ».

Récit 3: Zana Marjanovic, Bosnie-Herzégovine

Zana Marjanovic est membre de la coalition parlementaire Caucus des Femmes de la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Elle a quitté la Bosnie alors qu’elle était enfant mais y est revenue pour étudier l'art et le cinéma. Elle a également tenue le rôle principal dans « The Land of Blood and Honey », le film d’Angelina Jolie sur les femmes bosniaques qui ont survécu aux violences sexuelles durant la guerre. « Le film était très personnel, car nous avions une grande responsabilité envers toutes les femmes qui ont été victimes de crimes de guerre. Ce sont des survivantes ». Zana a décidé de s’engager en politique car elle voulait aider à reconstruire son pays après la guerre. Elle se voit maintenant comme une artiste socialement engagée. « Mon expérience au Parlement m'a montré que très peu de choses sont faites pour l’égalité des femmes. Au cours de la première année de mon mandat, j’étais la seule femme à parler et à siéger aux réunions ».

« Dans les pays sortant d'un conflit, les priorités de paix et de sécurité ne doivent pas reléguer au second plan les questions d’égalité et de participation des femmes, car c’est grâce à cela que nous avancerons et construirons une vraie société démocratique » a-t-elle expliqué.

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Sigrid Melchior, Fatemah Jum'ah Bagi et Zana Marjanovic

Récit 4: Fatemah Jum'ah Bagi, Libye

Fatemah Bagi, membre élue du conseil municipal de Tripoli, est une ardente activiste politique qui a travaillé au renforcement des droits de l'homme, de la liberté d'expression et de la démocratie. En tant que professeur, elle a eu l’occasion de travailler en Suède et lorsqu’elle est revenue en Libye, elle a décidé de fonder un parti politique féminin qui s’est classé en tête lors des élections. Ses efforts visent actuellement à l’élimination de la corruption et la reconstruction de la Libye. Elle déplore qu'il soit si difficile pour une femme de jouer un rôle en politique : « Les femmes et la jeunesse devraient jouer un rôle actif dans la reconstruction de la société libyenne, mais les élites politiques en place ne leur permettent pas de prendre part au processus politique. Actuellement il n'y a qu'un seul siège pour les femmes dans les conseils municipaux, et uniquement car cela permet de dire à l’Occident : voyez, nous sommes une démocratie ».

Cérémonie du prix « 10 pour 10 »

L'événement s’est conclu par la remise du prix « 10 pour 10 » de l’IRI WDN à Miet Smet, femme politique belge du parti Chrétien-Démocrate flamand. La récompense est offerte dans le cadre des 10 ans de l'IRI WDN. Smet est l'une des dix femmes à recevoir ce prix récompensant ceux et celles qui incarnent le mieux la mission de WDN qui est d’accroître le leadership des femmes dans la vie publique. A cette occasion, Miet Smet a partagé son expérience de travail au sein du parlement et la mise en œuvre d’une législation pour lutter contre le sexisme et promouvoir les droits des femmes.

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