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COMPTE-RENDU D’ÉVENEMENT – SEMAINE INTERNATIONALE DE LA DÉMOCRATIE 2020 | Biélorussie - Une nouvelle démocratie en herbe ?

28 September 2020

Cette année, c’est en ligne que le Fonds européen pour la démocratie, l’Institut international pour la démocratie et l'assistance électorale, le European Partnership for Democracy, le European Network of Political Foundations et la Fondation Carnegie pour la paix internationale ont célébré le Journée internationale de la démocratie. Le nouveau format de la « semaine internationale de la démocratie » a consisté en une série d’événements de haut vol organisés en collaboration avec le Parlement européen du 14 au 17 septembre.

Les organisations partenaires ont étudié les moyens de renforcer la démocratie et de stimuler l’innovation démocratique. Ces discussions ont été l’occasion de dévoiler le nouveau rapport intitulé « Démocratie globale et COVID-19: étendre le soutien international » qui passe en revue les répercussions de la Covid-19 sur la démocratie de par le monde.

Ces dernières semaines, le monde a été saisi par l’intensité des manifestations de masse qui ont suivi la parodie d’élection présidentielle qui s’est déroulée au mois d’août au Biélorussie. Nous avons assisté à des scènes de rues prises d’assaut par des milliers de Biélorusses réclamant le changement, signe d'une nouvelle énergie pour une société souvent qualifiée d’apathique pendant les 26 années du règne autocratique de M. Lukashenko. Nous avons également vu l’émergence d'une nouvelle figure de proue de l’opposition biélorusse, Sviatlana Tsikhanouskaya.

Ce webinaire s’est déroulé en deux parties, la première animée par le président du Conseil des gouverneurs du FEDEM et député européen, David McAllister, rejoint par Sviatlana Tsikhanouskya et l’ambassadeur Thomas Ossowski.

Le député européen David McAllister, président de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen et président du Conseil des gouverneurs du FEDEM, a ouvert le débat en déclarant que le véritable vainqueur de l’élection est Sviatlana Tsikhanouskaya, qui a joué un rôle majeur dans la révolution et a fait l’objet de menaces de la part du régime. Mme Tsikhanouskaya a dû quitter la Biélorussie. Elle a sacrifié sa vie et sa famille pour le bien de ce pays et elle est devenue une inspiration pour ses compatriotes, mais aussi pour les citoyens d’autres pays. M. McAllister a déclaré que la Biélorussie doit trouver une solution pacifique et les Biélorusses ont le droit d’être maîtres de leur destin. Il a fait remarquer que l’Union européenne ne reconnaît pas les résultats de l’élection du mois d’août en raison de son organisation inéquitable.

Mme Sviatlana Tsikhanouskaya, candidate à l’élection présidentielle biélorusse de 2020, a rappelé que M. Lukashenko n’a pas recueilli la majorité des voix et que jamais des protestations n’avaient duré aussi longtemps dans l’histoire du pays, signe que le peuple n’entend pas renoncer. Mme Tsikhanouskaya a déclaré que le gouvernement a organisé des élections illégalement et au mépris du droit international, et que la période électorale a donné lieu à des actes de tortures, au harcèlement et à des arrestations. Les citoyens voulaient instaurer un dialogue pacifique mais M. Lukashenko a refusé d’écouter le peuple. Il ne représente pas les intérêts des Biélorusses. Mme Tsikhanouskaya a exhorté l’Union européenne et la communauté internationale de ne mener aucune négociation et de ne conclure aucun accord bilatéral avec le gouvernement biélorusse, et de n’effectuer aucune transaction, ni investissement.

Mme Tsikhanouskaya a invité les États membres de l’Union à défendre ardemment la démocratie et à exprimer ouvertement leur adhésion aux principes européens. Les Biélorusses ne font pas non plus confiance à M. Lukashenko, ni à son régime et ils demandent sa démission. Elle a appelé à prendre des sanctions à l’encontre des responsables de la répression et des actes violents à l’égard des manifestants pacifiques. Pour conclure, Mme Tsikhanouskaya a invité l’Union à soutenir les médias indépendants en Biélorussie.

Comme l’a fait remarquer Thomas Ossowski, ambassadeur et représentant permanent de l’Allemagne auprès du comité politique et de sécurité (COPS) de l’Union, nous assistons à un changement dans l'histoire du pays. Les Biélorusses osent s’exprimer pour faire valoir leur auto-détermination et exiger une bonne gouvernance et des élections justes. L’Union européenne apporte son soutien à la société civile et veut faire entendre la voix des Biélorusses. M. Ossowski a tenu à souligner que l’Union faisait pression pour qu’aient lieu la réconciliation et la reprise du dialogue en imposant des sanctions ciblées à l’encontre de ceux qui font usage de la violence contre les civils. Il a également insisté sur la nécessité de veiller à ce que les mesures prises par l’Union soient appropriées et à la hauteur de la gravité de cette situation sans précédent dans le pays.

La seconde partie du webinaire a été animée par la députée européenne Miriam Lexmann, et parmi les intervenants figuraient la journaliste Hanna Liubakova et l’expert de la société civile Ales Bialiatski.

Miriam Lexmann, députée européenne, a remercié les intervenants, insistant sur le caractère précieux de leurs témoignages et rappelant que l’union européenne avait alloué 50 millions d’euros d’aide humanitaire à la Biélorussie.

Hanna Liubakova, Journaliste, a tenu à préciser que cela faisait des années que les citoyens étaient mécontents mais qu’ils n’avaient jusque-là jamais eu le courage d’exprimer leur grogne. Elle a déclaré qu’il était impossible de fermer les yeux sur les violences commises par les autorités contre les manifestants, insistant sur la nécessité d’adopter une position ferme et unifiée de l’UE à l’égard de la Biélorussie, rappelant l’erreur commise par l’Union de ne pas tenir compte de l’absence de politique globale de la part des États-Unis. L’Union européenne doit maintenant agir et faire pression sur la Biélorussie au moyen de sanctions économiques et politiques ciblées.

Mme Liubakova s’est dit convaincue de la résilience du peuple qui n’entend pas mettra pas fin aux manifestations en dépit des menaces et de la violence exercée par le pouvoir. M. Lukashenko essaie de faire peur aux citoyens, mais en agissant de la sorte, il ne fait que les unifier davantage et les conforter dans leur action. Selon Mme Liubakova, les fonds de l’Union devraient aller au soutien des médias locaux et indépendants, aux professions médicales et à l’assistance juridique des victimes de la répression.

Mme Liubakova s’est dit convaincue que le conflit en Biélorussie est une question nationale et que la Russie n’hésitera pas à faire valoir ses propres intérêts. La Russie soutiendra M. Lukashenko et ce faisant, renforcera sa position. Le dialogue devrait être instauré entre les autorités biélorusses et le peuple.

Ales Bialiatski, expert de la société civile, a précisé que la situation en Biélorussie a changé en ce sens que les citoyens de tout le pays, confrontés aux mêmes difficultés nées de la crise économique, ont pris conscience que M. Lukashenko était un menteur. Il a ajouté que l’Union européenne devrait exhorter la Russie à ne pas interférer dans la politique nationale et à cesser sa propagande contre le peuple biélorusse. Il a demandé à l’Union de soutenir fermement la société civile de Biélorussie et d’assouplir les procédures d’obtention de visa.

M. Bialiatski a rapporté que les médias indépendants menaient des enquêtes sur les maltraitances et les traitements inhumains infligés dans les prisons et documentaient les atteintes aux droits de l'homme. Si les organisations internationales assistent les médias, M. Bialiatski s’est dit préoccupé de voir le gouvernement de M. Lukashenko s’attacher à entraver ce travail. Il lui semble important que l’Union en soit consciente et fasse preuve d'une plus grande solidarité à l’égard de la société civile et des médias biélorusses.

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