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Échos de la société civile syrienne : « Comme tout le monde, nous aspirons à la liberté, à la démocratie et à la dignité. »

3 April 2017

Le 29 mars, l'EED organisait une discussion avec Action Syrie et deux militants syriens pro-démocratie. Les partenaires de l'EED, Majd Izzat al-Chourbaji et Karam Hilly, y ont évoqué leur combat et leur inébranlable espoir en un avenir meilleur.

Karam Hilly (left) with Simone Susskind (second from left) and Majd Chourbaji (second from right) © EED

Animée par la députée au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, Simone Susskind, la rencontre a été une occasion unique d'entendre le récit et le témoignage de personnes de terrain. Souvent oubliée dans le chaos dévastateur du conflit qui perdure, la société civile syrienne a joué et continue de jouer un rôle crucial en apportant un précieux soutien aux communautés à la fois en Syrie et en dehors de la Syrie.

Dans son allocution d'ouverture, le Directeur exécutif de l'EED, Jerzy Pomianowski, a rendu hommage à la résilience de la société civile et aux deux militants venus prendre la parole ce jour-là :

« Pour l'EED, l'indicateur de notre réussite est reflété par nos partenaires : ils sont les acteurs courageux qui œuvrent sans relâche, en quête de ces valeurs en lesquelles nous croyons tant - la liberté et la démocratie. Et Majd et Karam en sont deux formidables exemples. »

« Les femmes construiront l'avenir »

Ardente défenseure de la réforme de son pays, la Syrie, Majd Izzat al-Chourbaji a fait le récit de son expérience depuis le début de la révolution en 2011. Arrêtée par les forces du gouvernement en 2012 après avoir participé à l’organisation de manifestations pacifiques contre le régime du président Bashar al-Assad dans sa ville natale, Darayya, elle fut finalement libérée en juillet 2013. Elle n’a jamais revu son mari. Arrêté lui aussi alors qu’il était venu demander la libération de son épouse, il est mort en prison, victime de torture.

Comme elle le dit elle-même, son histoire se retrouve dans l'histoire de tous les Syriens. Malgré la perte et les terribles épreuves, Majd reste optimiste et déterminée à poursuivre le combat pour la démocratie.

« On a parfois l'impression que la guerre ne cessera jamais, mais nous ne renoncerons pas. Le peuple syrien ne renonce pas. Nous aspirons à la liberté, à la démocratie et à la dignité - comme tout le monde. »

Majd dirige Basamat for Development, une ONG soutenue par l'EED, établie à Saadnayel, dans la Vallée de la Bekaa au Liban, et créée en 2014 afin de soutenir les Syriennes qui, comme elle, ont fui la dévastation de leur pays. Basamat propose des formations en tous genres, allant de la couture à l'éducation civique, en passant par la cuisine, la politique, les cours de langues et d'informatique, afin d'aider les femmes réfugiées à accéder à une plus grande autonomie.

« Tant de femmes ont perdu leur mari dans la guerre et se retrouvent seules avec toute une famille à charge. Nous devons donner à ces femmes les moyens de s'émanciper. C'est par les femmes qu'arrivera la paix et elles seront déterminantes dans la construction de l'avenir. »

« Chaque jour est un entraînement pour la démocratie, un entraînement pour le changement »

Karam Hilly a lui aussi consacré sa vie à l'avènement d'un avenir meilleur pour la Syrie. Il coordonne l'initiative Sahem qui propose des formations sur l'action citoyenne, l'engagement communautaire et la responsabilité sociale, l'économie locale et l'autonomie.

« Sahem veut dire « contribuer » en arabe, et c'est précisément ce à quoi nous consacrons notre vie. On ne vit qu'une fois. Quand on a l'occasion de changer l'ordre des choses dans ce monde, on doit le faire. »

Créée en février 2015 dans le nord de la Syrie, Sahem bénéficie du soutien de l'EED, ce qui, selon Karam a été « l'élément déclencheur ». À travers cette initiative, Karam participe à l'instauration d'un mouvement civique appelé « Jeunesse du changement », qui compte plus de 20 comités locaux répartis dans trois provinces. Impliquant à la fois les administrations et les communautés locales, les comités favorisent une plus grande participation des citoyens à l'action civique.

Habitant en Turquie, Karam retourne régulièrement en Syrie, au prix d'un risque énorme, afin de poursuivre ses activités et de soutenir le mouvement civique.

« Au nom des amis que j'ai perdus, je me dois d'y retourner et de poursuivre mon travail. À travers l'organisation de ma communauté, je peux militer, m'exprimer et aider les gens à comprendre leurs droits et à mettre en place les outils dont ils ont besoin pour reconstruire la Syrie. »

Selon les estimations, la guerre en Syrie aurait ce jour coûté la vie à 400 000 personnes et entraîné le déplacement de la moitié de la population du pays. Le conflit ne semble pas prêt de s'apaiser. Mais malgré cela, Karam se veut optimiste :

« Nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve mais chaque jour est pour nous un exercice d'entraînement pour la démocratie, un entraînement pour le changement. Nous sommes convaincus de pouvoir changer les choses en Syrie. Et nous œuvrons aujourd'hui pour bâtir un monde meilleur demain. »

Informations complémentaires

Visionner l'enregistrement de la rencontre

Couverture médiatique connexe

POLITICO:

The Playbook interview – with Majd Chourbaji and Karam Hilly … (en anglais)

LE SOIR :

« Les femmes reconstruiront la Syrie »

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