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Quo Vadis Partenariat oriental?

29 November 2017

Le 23 novembre 2017, le Fonds européen pour la démocratie (FEDEM) organisait la conférence Quo Vadis Partenariat oriental ? Regard rétrospectif sur l'avenir, en coopération avec le Forum de la société civile du Partenariat oriental, EUROPEUM Institut pour une politique européenne, Open Society European Policy Institute, Slovak Foreign Policy Association et la plateforme Think Visegrad.

© EED

Organisée la veille du 5ème sommet du Partenariat oriental qui s'est tenu pour la première fois à Bruxelles, la conférence a été l'occasion d'aborder les avancées et les défis du Partenariat oriental.

Jerzy Pomianowski, Directeur exécutif du FEDEM, a ouvert la manifestation en soulignant qu'en termes d'avancées accomplies, « le changement de paradigme le plus flagrant concerne la reconnaissance accrue du rôle de la société civile ». Intervenant au cours de la conférence, Linas Linkevičius, ministre des Affaires étrangères de Lituanie, a souligné la nécessité pour l'UE de défendre plus proactivement les valeurs communes partagées par les deux parties et de renforcer son engagement dans la région.

La situation actuelle va au-delà du "jeu géopolitique" ; il s'agit d'un combat pour les cœurs et les esprits des citoyens », déclarait M. Linkevičius.

Natalia Yerashevich, Directrice du Forum de la société civile du Partenariat oriental et Zuzana Stuchlíková, Directrice du bureau de Bruxels de l'Institut EUROPEUM pour une politique européenne/plateforme Think Visegrad ont également pris la parole.

Table ronde 1 | Évaluer la performance de la politique : le Partenariat oriental à la veille du Sommet de Bruxelles

Durant la première table ronde animée par Iskra Kirova, Analyste politique senior chez Open Society European Policy Institute, six experts travaillant sur ou dans les pays du Partenariat oriental ont pu faire le point sur la situation actuelle et énoncer leurs attentes vis-à-vis de l'UE.

  • Comme l'a expliqué Dmytro Shulga de International Renaissance Foundation, contrairement aux autres pays du Partenariat oriental, la société en Ukraine est très réceptive au message de l'UE. « Dans un pays qui compte plusieurs parties prenantes, l'UE devrait agir comme l'une d'elles et faire pression pour plus de réformes », a insisté M. Shulga.
  • Vano Chkhikvadze, représentant de la Open Society Georgia Foundation, a affirmé que selon une récente étude d'opinions, 71 % de la population en Géorgie soutient l'intégration européenne. Le gouvernement géorgien est ouvert au dialogue avec la société civile, mais un haut niveau de corruption règne dans le pays. M. Chkhikvadze a déploré le manque de vision des deux côtés sur l'avenir de la politique du Partenariat oriental, appelant de ses vœux un sommet UE-Géorgie.
  • Timur Onica, Administrateur de programme du FEDEM pour la Biélorussie et la République de Moldavie, a évoqué les signaux prometteurs lancés par la Biélorussie, notamment un dialogue accru sur les droits de l'homme. Les activités des médias et de la société civile sont de fait autorisées, en l'absence cependant de garanties légales. « La Biélorussie a certes quelque-peu avancé, mais le changement réel se fait encore attendre », a regretté M. Onica. Évoquant ensuite la République de Moldavie, M. Onica a décrit un pays pionnier parmi ceux du Partenariat oriental, le premier à obtenir le déplacement sans visa vers les pays de l'UE et à signer l'accord de libre-échange approfondi et complet. « Toutefois, après la levée de la conditionnalité, aucune réforme significative n'a été mise en œuvre dans le pays », a déploré M. Onica. Par ailleurs, M. Onica a fait remarquer que les récentes initiatives législatives avaient un effet préjudiciable, à l'image de la nouvelle loi sur les médias qui nuit aux médias locaux et d'opposition, ainsi que la nouvelle réforme électorale qui empêche le pluralisme politique.
  • Boris Navasardyan, Président du Yerevan Press Club, a souligné que l'UE avait maintenu son soutien envers l'Arménie malgré l'adhésion de cette dernière à la Communauté économique eurasienne. Selon lui, les Arméniens n'ont pas tardé à constater l'inefficacité de la Communauté économique eurasienne et ont commencé à se tourner davantage vers l'UE. M. Navasardyan a conclu en affirmant que l'introduction de l'indice d'intégration à l'UE a été un facteur stimulant pour les pays du Partenariat oriental, renforçant ainsi la compétitivité des organisations de la société civile.
  • Ziya Guliyev, Président du Center for Legal Initiatives, a vivement encouragé les représentants politiques à inclure les problèmes régionaux à leur ordre du jour, notamment le conflit du Haut-Karabagh. Il a également appelé l'UE à afficher un plus grand soutien aux organisations de la société civile en Azerbaïdjan.

Les droits de l'homme et la démocratie ne peuvent pas être abordés pendant les seuls sommets - ils doivent être une priorité de tous les jours », a lancé M. Guliyev.

Concernant les attentes à l'égard de l'UE, les experts se sont accordés pour dire que l'Union devrait adapter sa stratégie et ses exigences envers le Partenariat oriental en fonction de chaque pays. Dans certains domaines, une dimension multilatérale pourrait prévaloir, comme en communication stratégique. Par conséquent, tous ont exprimé le souhait de voir un « changement profond et complet » de la politique du Partenariat oriental.

Les intervenants ont également exprimé leur déception de voir que les pays du Partenariat oriental n'apparaissaient pas dans le Livre blanc de la Commission européenne sur l'avenir de l'Europe, en dépit de caractère crucial de la perspective européenne pour ces pays.

Comme l'a précisé Vano Chikhikvadze, « nous pouvons en parler tant que nous voulons pendant les sommets, seule la perspective de l'accession à l'UE peut véritablement favoriser le changement au sein des pays du Partenariat oriental ».

Table ronde 2 | Quo Vadis Partenariat oriental ? Attentes et recommandations pour les étapes suivantes

Les experts de la deuxième table ronde, animée par Adam Balcer du la plateforme Think Visegrad, se sont penchés sur la réponse de l'UE face aux tendances émergentes dans la région.

  • Diana Jablonska, Directrice adjointe d'unité de DG NEAR,  a confirmé l'engagement renouvelé de la Commission européenne dans la politique du Partenariat oriental. La Commission européenne souhaite augmenter ses dotations, étendre son rayon d'action dans la région à travers les organisations intermédiaires et offrir un plus grand soutien aux initiatives locales. D'autres experts ont rappelé aux participants que la politique du Partenariat oriental était un projet très ambitieux et que son architecture méritait d'être modifiée afin de refléter les besoins des différents pays.
  • Rebecca Harms, députée européenne, a souligné que l'UE se devait d'être plus visible dans les pays du Partenariat oriental, en particulier dans les communautés locales vivant en dehors des capitales. En outre, la crédibilité de l'UE est essentielle aux yeux des citoyens. Si leurs difficultés économiques ne cessent de croître, ils risquent de se détourner de l'UE.

Plus urgente que la libéralisation économique, est la nécessité de combler les fossés constatés dans la situation sociale des pays du Partenariat oriental à travers la lutte contre la corruption et la répartition inéquitable des richesses », a insisté Mme Harms.

  • Alexander Duleba, Directeur du Research Centre at the Slovak Foreign Policy Association, a réclamé une plus forte coopération entre les pays de l'UE et du Partenariat oriental dans le processus législatif. Selon M. Duleba, pour établir un véritable partenariat, les pays du Partenariat oriental doivent avoir leur mot à dire sur la législation et ne pas seulement se contenter de l'absorber.
  • Zsuzsanna Vegh, Chercheur à l’Université européenne Viadrina, a souligné l'importance d'inclure les communautés locales et rurales des pays du Partenariat oriental pour que le processus d'intégration à l'UE débouche sur un changement durable.

Dans sa conclusion, Miriam Lexmann, Directrice du programme régional UE à l'International Republican Institute, a déclaré que les représentants politiques doivent afficher un engagement plus proche des citoyens et cesser de s'adresser à ces derniers avec condescendance. Soutien appuyé à la société civile, partis politiques démocratiques et citoyens démunis, voilà qui devrait être au cœur du Partenariat oriental.

Découvrez toutes les photos de l'événement sur Flickr.

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